Ndande – Sénégal

27 février 2020

À l’approche des localités sénégalaises, les bords des routes sont jonchés d’ordures, de bouteilles de PET, de canettes d’aluminium, de sacs en plastique, flottant comme des drapeaux sous les bourrasques de vent. Pas d’odeur, mais un spectacle de désolation. Il y a tellement de déchets partout que l’arrivée à Ndande surprend. Pas de détritus ! Bizarre, bizarre où sont-ils passés ? La réponse est au centre de collecte et de tri des déchets, à quelques pas de là. Chaque jour, celui-ci bat la campagne pour ramasser et acheminer à dos d’âne des déchets qui sont triés, valorisés, revendus ou jetés dans une fosse, si aucune solution de récupération n’est possible. Les incinérateurs d’ordures n’existent pas dans ces contrées.

La déchèterie de Ndande, dont la construction a été financée par le CEAS, fait désormais école dans plusieurs municipalités du Sénégal et même au-delà. Son chef dirige une équipe d’une quinzaine de personnes, essentiellement des femmes. Leur motivation pour leur travail est d’avoir un village propre. Elles ont l’uniforme qui correspond à la fonction. Les jours de fête, elles défilent en queue de cortège pour maintenir l’attention des spectateurs jusqu’à la fin. C’est vécu comme une marque de respect. Quand les dessinateurs de CrayonSolidaires déboulent dans leur déchèterie pour leur offrir un dessin effectué devant elles et pour elles, elles acceptent avec naturel et spontanéité. Le chef du site est tellement plein d’humanité que ces moments ne peuvent être que vrais et émouvants.